






A l'occasion des journées du patrimoine, la brasserie Motte-Cordonnier ouvrait ses portes. C'est la seconde fois que la future "citée de la bière" offre la possibilité au grand public de visiter ce lieu à l'architecture bien particulière.
Les
visites guidées étaient organisées ce dimanche de 10 h à 12 h et de 14
h à 17 h. Je me suis rendu en famille devant la brasserie, il était
14h15. Une queue de 20 mètres nous attendait. Fort heureusement
l'attente fût relativement brève et au bout d'une demi-heure nous
entrions dans l'édifice. En me retournant, je me rendis compte de
l'engouement provoqué par l'évenement, la queue avait tout simplement
triplée...
La visite guidée était menée par des anciens salariés
de la brasserie Motte-Cordonnier, qui employait à la belle époque plus
de 1000 salairés. Notre guide était intarissable, et d'une grande
culture brassicole.
Nous entrons dans l'ancienne brasserie, et
la visite commence par la montée d'un escalier qui aboutit dans un
couloir où une collection d'objets brassicoles constituant un mini
musée réalisé par Léon Ballat dès 1983, une collection personnelle qui
a débuté en 1972, dont une grande partie est encore stockée dans un
hangar dans l'attente de l'ouverture du futur musée de la bière.
Une
pièce a été transformée en bistrot et atelier des années trente. Cette
pièce contient des merveilles telles qu'une pompe de bar, des verres,
sous-bocks, plaques en émail, affiches, des vieilles machines, des
vieux livres relatifs à la bière brassée ici même, la Vega.

La visite nous présente un atelier de tonnelier, et surtout
l'histoire de l'évolution des techniques brassicoles, passant d'un état
d'artisanat à une véritable industrie. Chemin faisant nous croisons des
anciennes soutireuses rotatives, qui ont évolué vers des chaînes
d'embouteillage automatiques. Est présentée également ce qu'on
appelerait aujourd'hui une micro-brasserie.
Nous retournons à
l'extérieur après être passé devant une vitrine présentant une pièce :
le dernier étendard de la corporation des brasseurs. La visite se
poursuit dans la fameuse salle de brassage de la brasserie, Trois
superbes chaudières en cuivre qui ont permi de produire jusqu’à 5.000
hectolitres de bière par jour. La seconde cuve est allemande et a été
offerte comme dédomagement de guerre.
Petit survol historique avec quelques chiffres :
"À
la fin du XIXe siècle, il y avait 900 brasseries dans le Nord, 450 dans
le Pas-de-Calais, 3 500 en France... il en reste aujourd’hui 123 ».
À
l’époque, la zone d’influence d’une brasserie, c’était la distance
qu’un cheval pouvait parcourir en une journée pour une tournée de
livraison. « Et le soir, c’est le cheval qui ramenait le livreur »,
sourit Léon.
À Armentières, la première brasserie remonte à
1650. Reconstruite avec les dommages de guerre, sur un site stratégique
entre le canal et la voie ferrée, l’imposante brasserie
Motte-Cordonnier a sorti sa première bouteille dès 1922. Ce week-end,
on visite en rangs serrés ce temple de la bière.
« Le bâtiment
brassicole en double cascade est unique en France, il est inscrit à
l’inventaire des Monuments historiques pour ses quatre façades, sa
toiture, son escalier », explique Léon Ballat, qui décrit le circuit
conduisant des matières premières... à la bière.
Derrière,
l’imposante malterie dont les boiseries nécessitent une restauration
est aussi en attente de classement. Ses sept étages reposent sur des
pieux de chêne. La structure supporte seize silos de béton de cent
tonnes.





