L'étoile des brasseurs
L'étoile est le symbole alchimique des brasseurs. Sa représentation la
plus ancienne date de 1425 ; elle accompagne le moine-brasseur allemand
Hertell. Il s'agit d'une étoile à six branches, formée de deux
triangles entrelacés. Cette étoile est connue sous le nom de "bouclier
de David".

L'étoile des brasseurs conjugue quatre éléments : le feu, symbolisé par
un triangle à la pointe dirigée vers le haut ; l'air, symbolisé par le
même triangle, mais barré d'une ligne horizontale ; la terre,
symbolisée par un triangle à la pointe dirigée vers le bas et barré
d'une trait ; l'eau, symbolisée par un triangle à la pointe tournée ver
le bas. Ces quatre éléments se retrouvent dans la bière : le feu, lors
d'u touraillage (coup de feu) et sous la chaudière lors du brassage ;
l'eau, lors de l'empâtage et pour rendre soluble l'amidon du malt ; la
terre, sous la forme de l'orge, matière première de la bière ; et l'air
dans la fécondation du moût par les levures sauvages véhiculées par le
vent.
En outre, ces quatre éléments se combinent. L'air et la terre, dans la
culture du grain. L'eau et la terre, pour la croissance de la plante.
L'eau et l'air, dans la germination, en malterie. L'eau et le feu, dans
les transformations du brassage et la cuisson ; l'air et le feu
(température), dans la fermentation.
Le fourquet
Le fourquet est une fourche aux extrémités non pointues. Ainsi, "il ne
peut pas blesser le fond de la chaudière". Ce fourquet, tel celui que
tient saint Arnould, patron des brasseurs (photo ci - contre), était
utilisé par les malteurs.

Au moyen du fourquet, ceux ci malaxaient le mélange de malt et d'eau.
Au départ de l'opération, le fourquet tenait dans la masse, visqueuse,
du brassin encore un peu froid. On chauffait ledit brassin, qui
devenait de plus en plus liquide. Et le fourquet finissait par tomber,
quand on le plantait dans le mélange.
Alors, les malteurs savaient qu'ils étaient arrivés à une température T. C'était l'un de leurs savoir-faire.
La boule à griller le malt
C'est l'exemple-même de l'ingéniosité dont ont toujours fait preuve les
brasseurs. Au début du siècle, cet engin était présent dans la cour de
toutes les brasseries. Il se composait d'une sorte de haut chaudron
métallique, dans lequel une boule, également métallique, était
suspendue à une tige. Dans le chaudron, sous la boule, le brasseur
faisait brûler ses vieilles caisses et ses vieilles douves de fûts.

Dans la boule, il plaçait du malt. L'appareil était clos et une
manivelle permettait de faire tourner la boule, perçée de petits trous.
Le malt ainsi exposé à la flamme de manière harmonieuse grillait
lentement et uniformément. L'engin était surmonté d'une girouette pour
connaître le sens du vent et obtenir le meilleur tirage.
Le fumet du malt grillé s'échappait par les trous de la boule. A la
seule odeur, le brasseur savait qu'il fallait, ou non, interrompre la
cuisson. Il sortait la boule de l'appareil, versait le malt grillé dans
le brassin *, où il s'ajoutait au malt pâle. Cette technique permettait
de fabriquer du malt caramel, pour faire des bières colorées (on ne
disait pas encore aromatisées).
* Brassin : ensemble des matières réunies dans la cuve où l'on fabrique le moût qui donnera la bière.
Le filtre à moût
On l'a dit, les brasseurs effectuaient un travail délicat et ils
avaient inventé des techniques empiriques mais efficaces, sans
connaître le monde des germes et les mécanismes sientifiques de la
fermentation.

Cette méconnaissance avait ses limites et les patrons de brasseries
s'étaient formés au début du siècle. Un peu plus tard, dans les années
trente, était apparu le besoin de former le personnel, ce qui fut fait
à l'institut Pasteur.
Certaines habitudes d'il y a cent ans constituaient aussi un défi à
l'hygiène. Ainsi, la levure était transportée, à dos d'hommes, dans des
seaux. Cette levure si délicate, du fait des bactéries, étaient placée
dans ces seaux de type seaux à charbon, qui comportaient, dans leur
partie interne, des éléments en relief, difficiles à nettoyer.
De la pureté, on en vient au filtrage. A la fin du travail de brassage,
le filtre à moût servait à séparer la drêche (résidu solide de l'orge),
donnée comme aliment au bétail, du moût sucré, qui partait en
fermentation.
La chaise à décôner
Elle servait à récupérer les cônes (inflorescences ou ensemble de
fleurs) dans les lignes de houblon. C'était la chaise à décôner.
